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Anita Conti

Enfant de parents fortunés qui lui donnèrent très jeune le goût de l’aventure et de la mer, Anita Conti passa sa jeunesse à voyager à travers l’Europe, jusqu’à ce qu’en 1914, ses parents décident de s’installer sur l’île d’Oléron. À la fin de la guerre, elle part vivre à Paris et devient une relieuse d’art admirée et sollicitée par les plus grands écrivains tels que Pierre Mac Orlan et Blaise Cendrars.

Parallèlement à cette réussite, Anita Conti continue de passer énormément de temps à naviguer en mer, à se documenter sur la faune et la flore marines et à publier des articles et reportages sur la pêche, si bien qu’en 1935, elle est engagée à l’Office scientifique et technique des pêches maritimes et détachée à bord du premier navire océanographique français, le Président Théodore Tissier. Là, son rôle est d’observer les techniques de pêche, de tracer des cartes, d’étudier les fonds, les eaux et la profondeur des zones de pêche, et ce en vue d’optimiser l’activité des marins et des pêcheurs.

En 1943, le gouvernement d’Alger lui commande une recherche sur les ressources de poissons du littoral ouest africain et les méthodes de pêche traditionnelles qui y sont pratiquées ; ainsi, pendant presque dix ans, Anita Conti se consacrera à étudier et à prospecter les côtes de Mauritanie, du Sénégal, de la Guinée et de la Côté d’Ivoire, expérience qu’elle relatera dans son livre paru en 1957, Géants des mers chaudes.

Parmi ses nombreux voyages en mer, on peut aussi noter celui qu’elle réalisa en 1952 à Terre Neuve, durant les cinq mois de la saison de pêche, et duquel elle tira son premier best-seller : Racleurs d’océans. De ces années d’étude et d’observation en mer, Anita Conti propose une vision alors inédite de ce que la pêche est et de ce qu’elle devrait être. Alarmée par la surexploitation des océans, elle s’efforcera toute sa vie de mettre en évidence ce problème et d’y proposer des alternatives. Elle fait ainsi campagne pour la réutilisation des « faux-poissons», c’est-à-dire des indésirables habituellement rejetés à la mer.

Au fil des conférences et des colloques auxquels elle participe, elle encourage également l’aquaculture, qu’elle pratique elle-même sur la côte adriatique et au sein de fermes aquacoles en mer du Nord. « Dès que je mets le pied à bord, je voltige. La vie est là » disait-elle, et en effet, elle ne s’arrêtera de naviguer que quelques années avant sa mort, à Douarnenez, en 1997.

LA DAME DE LA MER

Anita Conti était une femme avec un regard, une femme avec une vision, dotée d’une voix magnifique … Elle avait une grande élocution, une grande mémoire, et une générosité. L’Autre était plus important qu’elle. Elle s’effaçait pour l’Autre. Elle m’a ouvert la porte, elle m’a parlé. Elle m’a ouvert ses boîtes, ses archives, et j’étais surpris de découvrir une vie aussi riche, un personnage aussi important. Une véritable œuvre qui s’exprimait par la photo et par le sillage, ses marques, sa trace.  Laurent Giraud-Conti

« Dès que je mets le pied à bord, je voltige. La vie est là » disait Anita Conti. Autodidacte aux prémices de l’océanographie, elle est une pionnière et aventurière des mers. Toujours dotée de son appareil photo et de son carnet, elle en tirera son premier best-seller : Racleurs d’océans en 1953.

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