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Zacharie Rabehi

Membre de « Le Journal », Zacharie Rabehi est basé en Inde, il partage également son temps entre l’Allemagne et la France. Il a grandi à Paris et a été attiré très tôt par le travail des réalisateurs de documentaires.
Après avoir vu les images d’endroits lointains et les difficultés rencontrées par les gens, il a su qu’il voulait voyager et s’immerger dans des histoires et les raconter à travers la photographie.

En 2008, il emménage en Inde et commence à documenter les histoires et les difficultés des habitants. Il a travaillé sur des sujets forts comme l’occupation au Cachemire, la sécheresse au Maharashtra, la communauté transgenre d’Inde, la chute du rideau de fer de Cuba, la route des réfugiés vers l’Europe, la répercussion du tremblement de terre du Népal, les survivants des attaques à l’acide etc.

Il pense que la photographie peut être un outil puissant dans un bon nombre d’aspects. C’est pourquoi en 2015 il lance le Girls Photo Collective qui vise à émanciper les jeunes filles issues d’un milieu économique modeste en leur apprenant ce métier.
Transmettre et enseigner sont les expériences les plus intéressantes et gratifiantes à ses yeux.

The Rohingya And The Sea – « Fishing for survival »

Pendant plus d’une décennie, les Rohingya de Myanmar ont été victime de violences continues entre les mains des extrémistes bouddhistes et de l’armée. De nombreux chercheurs tels que l’Université d’Oxford ont classé ces violences comme un génocide. Le dernier cycle de violence qui a débuté le 25 août 2017 a poussé plus de 600 000 Rohingyas à traverser la frontière vers le Bangladesh, créant ainsi une crise humanitaire à grande échelle.

Une myriade de camps ont surgi, tous à l’étroit entre la frontière du Myanmar et la baie du Bengale, mais certains d’entre eux existent déjà depuis 12 ans, comme celui de Shamlapur.
Situé dans le quartier de Cox Bazar sur la deuxième plus grande plage du monde, Shamlapur est essentiellement une colonie de pêche Rohingya avec des maisons couvertes de poissons séchés et de filets, leurs vies se raccrochant aux bateaux en bois qu’ils prennent pour leurs nombreuses expéditions.

Ces bateaux sont la plupart du temps possédés par des Bangladais, avec leur équipage composé de réfugiés Rohingya.

Abdul, Sahalam, Sahful, Akhim, tous les pêcheurs expérimentés Rohingyas sont une équipe formée sous les ordres de leur capitaine bangladeshi Hussein. Ils prennent habituellement la mer pour des périodes de quatre à cinq jours avec trois jours de repos dans les entre les voyages.

Le travail est tendu et dangereux. La plupart des accidents surviennent lorsque l’on pousse le bateau de la plage à l’eau, où les bateaux perdent parfois l’équilibre, écrasant les pêcheurs autour d’eux.

Le démêlage des filets, la cuisson des repas, le transport de l’essence, le nettoyage des bateaux, la vente et le séchage du poisson sont les tâches qui remplissent les longues journées des équipages. Quand la nuit tombe et que le dernier appel à la prière a été entendu, les équipages montent à bord de leurs navires et partent en voyage, parfois sur des centaines de kilomètres en mer. Les vagues qui rebondissent intensément sur les bateaux en forme de U n’éliminent pas l’équipage ; ils sont, maintenant, habitués à l’agitation de ces eaux.

Posséder un travail en étant un Rohingya vivant au Bangladesh est rare, et ils ne le savent que trop bien.

Mais pour les nouveaux arrivants, l’espoir de trouver un emploi ou de gagner sa vie semble presque inexistant dans un pays comme le Bangladesh qui connaît une pauvreté généralisée et des catastrophes climatiques chaque année.

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