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MUNEM Wasif (Agence Vu)

Munem Wasif est né au Bangladesh en 1983. Il est diplômé de Pathshala en photographie.

Le travail de Munem Wasif explore des questions sociales et politiques complexes avec un langage humaniste, en se rapprochant des gens, physiquement et psychologiquement, en traitant de multiples questions et contradictions. Expressionniste dans son style et dans sa méthode à long terme, Wasif expérimente souvent au-delà de la tradition, teste les possibilités de la fiction, en empruntant un langage documentaire familier. Il s’intéresse souvent au concept de « documents » et d’ « archives » et à leur influence sur le traitement de questions politiquement et géographiquement complexes.

Il a exposé dans le monde entier, notamment au Centre Pompidou, au Palais de Tokyo et à Visa pour l’image en France, à la Whitechapel Gallery, au Kettle’s Yard et au Victoria & Albert Museum en Angleterre, au Museu d’Art Contemporani de Barcelone en Espagne, au Musée de l’Élysée, au Musée d’Art et d’Histoire et au Fotomuseam Winterthur en Suisse, Musée Kunsthal & festival Noordelicht aux Pays-Bas, Musée d’art moderne en Pologne, Parasite à Hong Kong, The Factory Contemporary Arts Centre au Vietnam, Biennale de Gwangju en Corée, Biennale de Singapour, Sharjah Bienalle aux EAU, Triennale d’art contemporain Asie-Pacifique en Australie, et Dhaka Art summit & Chobi Mela au Bangladesh.

Ses photographies ont été publiées dans Le Monde, Sunday Times Magazine, Géo, Guardian, Politiken, Mare, Du, Days Japan, L’espresso, Libération, Wall Street Journal et bien d’autres.

Munem Wasif est également boursier au Wissenschaftskolleg zu Berlin, en Allemagne, de 2020 à 2021. Son dernier livre sur le vieux Dhaka a été publié par les Éditions Clémentine de la Féronnière.

Il est représenté par l’Agence Vu à Paris et Project 88 à Mumbai.

 

 

Larmes salées

Munem Wasif est parti à la rencontre de la communauté de Satkhira au sud-ouest du Bangladesh, région touchée par les ravages des changements climatiques. Il a photographié ses habitants, recueilli leurs témoignages, révélant les nombreux problèmes d’approvisionnement en eau et les risques rencontrés par ceux-ci au quotidien. L’avancée de la mer sur les terres anéantit les cultures et pousse toujours plus loin la recherche d’eau potable. Elle n’y a apporté que destruction.
Munem Wasif a été récompensé du Prix Pictet 2008, qui récompense des photographes qui se concentrent sur le thème du développement durable. Ce travail a été réalisé avec l’aide de l’organisation non gouvernementale WaterAid.

« Du point de vue du développement durable, la priorité numéro une dans le domaine de l’eau serait de réduire la vulnérabilité́ des personnes et des entreprises face aux changements climatiques et aux catastrophes écologiques (…) Ces personnes simples qui se battent quotidiennement contre une immense pauvreté́ et de grands malheurs vivent encore cette joyeuse vie de village sans contribuer à modifier ce climat dont ils étaient fin connaisseurs, mais en faisant pourtant constamment face à cette catastrophe de l’eau. C’est le moment d’entreprendre des actions, d’adopter des politiques et une règlementation qui diminueraient cet écart entre le pire et le meilleur. L’eau c’est la vie ; alors qu’il y ait la vie. N’en faisons pas une tragédie. »
– Munem Wasif –

« On pourrait résumer sa pratique photographique à deux choses : les gens et le cadre. Il s’inscrit en effet dans une tradition humaniste, mais parfaitement contemporaine, de l’attention aux individus et à ce qu’ils vivent, subissent, supportent parce que le monde contemporain est sans pitié, agité de bouleversements climatiques et de calculs économiques. (…) En photographie, l’approche, ou la représentation, de la souffrance et de l’exclusion sont souvent engluées dans un fatras de bons sentiments, généreux par ailleurs, qui produisent de larmoyants appels à la compassion et des clichés qui finissent par nous lasser et qui, parce qu’ils se répètent, finissent par anesthésier notre capacité à réagir. Wasif est le contraire de cela : il nous interroge et nous mobilise.»
– Christian Caujolle –

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