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Patrick Forget

Entre grands reportages et éditions de livres, le photographe Patrick FORGET pose, depuis plus de vingt-cinq ans, son regard curieux, tendre et coloré sur l’environnement, le monde rural et les hommes qui façonnent et animent la planète.

Fort de son expérience, il conseille aujourd’hui les entreprises en organisation de photothèque, ouvrage de communication et stage de photographie.

Membre fondateur de l’agence photographique Sagaphoto, ses photos et reportages sont publiés par le Figaro Magazine, GEO, Le Point, Marie-Claire, Notre Temps, Gallimard, Hachette…

Ses images ont également fait l’objet de nombreuses expositions à Visa pour l’Image, au carrousel du Louvre, au salon de l’agriculture, au Sénat ou dernièrement comme invité d’honneur au festival avec la série Terre fragile qui a fait l’objet d’un carnet de timbres collector pour La Poste à l’occasion de la COP21.

Par ailleurs, Patrick organise également le festival RUGL’ART en Normandie, un festival intergénérationnel et multiculturel dédié aux habitants de sa commune.

Quelques mots de l’artiste

Festival Photo l’Homme et la Mer : Comment êtes-vous tombé dans la photographie ?

Patrick Forget : J’ai toujours aimé la photographie, petit comme un loisir puis une passion. Après l’école, j’ai travaillé dans une banque et beaucoup voyagé puis j’en ai eu marre. J’ai décidé de tout quitter et je suis parti pour un long périple aux USA et Canada. A mon retour, la décision était prise, j’ai fait une école de photojournalisme et je suis devenu photographe à 29 ans. 

FP : Comment est née l’idée de faire cette série proposée à la 9ème édition du festival ?

P.F : C’est un ami qui connaissait mon travail qui me l’a proposé. Fils de poissonnier, j’ai toujours été attiré par la mer et les poissons. J’aime beaucoup travailler sur l’homme, le travail. 

FP : Que retenez-vous de cette expérience ?

P.F : C’était une super expérience. Tout ce que j’aime. Photographier le travail de ces 4 marins sur un petit chalutier créé une certaine proximité, complicité, solidarité. La mer est élément que l’on ne maitrise pas, il faut être fort et courageux pour affronter ces caprices chaque jour. 

FP : Qu’est ce qui vous a motivé pour ce projet ?

P.F : Juste l’opportunité de le faire dans de bonnes conditions. Une rencontre, une discussion, un challenge… et peut-être d’autres projets à construire, qui sait ?

FP : Parlez nous de votre prochaine série ?

P.F : Pour l’instant, celle-ci est en stand by mais je travaille avec les sapeurs-pompiers sur d’autres projets ainsi que sur des destinations comme le Groenland, le Spizberg ou l’Islande. Je termine aussi une exposition conceptuelle sur l’environnement intitulé « Terre fragile » et destinée à sensibiliser le grand public et notamment les plus jeunes aux problématiques de notre planète.

PÊCHEURS DE LANGOUSTINES

D’avril à septembre, c’est la saison de pêche de la langoustine. Thierry Evain, patron pêcheur s’en est fait une spécialité. Embarquement à bord du Quentin-Grégoire.

A deux du matin, sur le port des Sables-d’Olonne, le Quentin-Grégoire débarque sa marée : merlus, lotte, sole et surtout 900 kg de langoustines. En ce moment, la vedette, c’est elle ! Le camion réfrigéré part en direction de la criée du Croisic, tandis que le bateau reprend la mer. Aidé de ses instruments de navigation, Thierry Evain dirige son chalutier de 18,50 mètres vers la zone de pêche. En fonction de l’heure, de la météo et de la saison, il sait déjà si la langoustine sortira ou non de ses terriers.

A la poupe du navire, José, Olivier et Nizer surveillent le chalut. Après trois heures passées sur les fonds sablonneux, le gigantesque filet libère ses prises. Langoustines, lottes, merlus, tourteaux…tombent dans l’un des deux bacs de tri. Ils rejettent à la mer les poissons non désirés ou trop petits comme ce requin à peau bleue encore bien vivant. Dans l’humidité, le roulis, le bruit, les positions sont inconfortables, le travail est laborieux et fatigant. Les langoustines sont nettoyées à l’eau de mer avant d’être placées dans des viviers à une température de 7°C environ pour leur éviter le stress. Le poisson est vidé, mis en caisse et descendu dans les cales pour y être glacé.

Aujourd’hui, c’est au tour d’Olivier de préparer le repas pour l’équipage. Pâtes et lotte fraîchement pêchée au menu ! Un marin assure le quart tandis que les autres se restaurent. Le repas se prend dans un silence quasi monacal mais les portions sont conséquentes. Ce travail physique nécessite de reprendre des forces. Entre deux traits de chalut, les marins tentent de se reposer dans leurs couchettes au-dessus de la salle des machines. Chaleur, bruit et odeur de diesel sont bien présents mais personne n’y prête plus attention, ils dorment à la commande, 2 heures au maximum.

Sur le chemin du retour, après 48 heures de marée, les marins entretiennent le matériel. Pas une minute à perdre ! Olivier se lance dans un véritable travail de couturier pour reconstituer le filet, maille après maille. Nizer raccourcit un maillon de la chaîne d’acier qui tire les filets. Une bonne pêche dépend aussi de ses petits détails. Retour au port ver minuit.

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