Menu

Patrick Forget

Entre grands reportages et éditions de livres, le photographe Patrick FORGET pose, depuis plus de vingt-cinq ans, son regard curieux, tendre et coloré sur l’environnement, le monde rural et les hommes qui façonnent et animent la planète.

Fort de son expérience, il conseille aujourd’hui les entreprises en organisation de photothèque, ouvrage de communication et stage de photographie.

Membre fondateur de l’agence photographique Sagaphoto, ses photos et reportages sont publiés par le Figaro Magazine, GEO, Le Point, Marie-Claire, Notre Temps, Gallimard, Hachette…

Ses images ont également fait l’objet de nombreuses expositions à Visa pour l’Image, au carrousel du Louvre, au salon de l’agriculture, au Sénat ou dernièrement comme invité d’honneur au festival avec la série Terre fragile qui a fait l’objet d’un carnet de timbres collector pour La Poste à l’occasion de la COP21.

Par ailleurs, Patrick organise également le festival RUGL’ART en Normandie, un festival intergénérationnel et multiculturel dédié aux habitants de sa commune.

PÊCHEURS DE LANGOUSTINES

D’avril à septembre, c’est la saison de pêche de la langoustine. Thierry Evain, patron pêcheur s’en est fait une spécialité. Embarquement à bord du Quentin-Grégoire.

A deux du matin, sur le port des Sables-d’Olonne, le Quentin-Grégoire débarque sa marée : merlus, lotte, sole et surtout 900 kg de langoustines. En ce moment, la vedette, c’est elle ! Le camion réfrigéré part en direction de la criée du Croisic, tandis que le bateau reprend la mer. Aidé de ses instruments de navigation, Thierry Evain dirige son chalutier de 18,50 mètres vers la zone de pêche. En fonction de l’heure, de la météo et de la saison, il sait déjà si la langoustine sortira ou non de ses terriers.

A la poupe du navire, José, Olivier et Nizer surveillent le chalut. Après trois heures passées sur les fonds sablonneux, le gigantesque filet libère ses prises. Langoustines, lottes, merlus, tourteaux…tombent dans l’un des deux bacs de tri. Ils rejettent à la mer les poissons non désirés ou trop petits comme ce requin à peau bleue encore bien vivant. Dans l’humidité, le roulis, le bruit, les positions sont inconfortables, le travail est laborieux et fatigant. Les langoustines sont nettoyées à l’eau de mer avant d’être placées dans des viviers à une température de 7°C environ pour leur éviter le stress. Le poisson est vidé, mis en caisse et descendu dans les cales pour y être glacé.

Aujourd’hui, c’est au tour d’Olivier de préparer le repas pour l’équipage. Pâtes et lotte fraîchement pêchée au menu ! Un marin assure le quart tandis que les autres se restaurent. Le repas se prend dans un silence quasi monacal mais les portions sont conséquentes. Ce travail physique nécessite de reprendre des forces. Entre deux traits de chalut, les marins tentent de se reposer dans leurs couchettes au-dessus de la salle des machines. Chaleur, bruit et odeur de diesel sont bien présents mais personne n’y prête plus attention, ils dorment à la commande, 2 heures au maximum.

Sur le chemin du retour, après 48 heures de marée, les marins entretiennent le matériel. Pas une minute à perdre ! Olivier se lance dans un véritable travail de couturier pour reconstituer le filet, maille après maille. Nizer raccourcit un maillon de la chaîne d’acier qui tire les filets. Une bonne pêche dépend aussi de ses petits détails. Retour au port ver minuit.

Découvrez les autres photographes