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Kadir Van Lohuizen (NOOR) – Lauréat du 9ème Prix Carmignac de Photojournalisme

Née en 1960 au Pays-Bas, Kadir van Lohuizen s’est lancé dans une carrière de photojournaliste professionnel en 1988, avec un reportage sur l’Intifada.

Il a couvert des conflits en Afrique au milieu des années 1990, mais il est surtout connu pour ses travaux et pour son travail de fond sur sept grands fleuves dans le monde, sur l’élévation du niveau des mers, sur l’industrie du diamant et sur les migrations à l’intérieur du continent américain.

Kadir van Lohuizen a reçu de nombreux prix et récompenses dans le domaine du photojournalisme. Il a été membre du jury du concours World Press Photo en 200 et 2002 et actuellement partie du conseil de supervision de la World Press Photo Foundation.

Il est également conférencier et professeur de photographie à Amsterdam.

ARCTIQUE : NOUVELLE FRONTIÈRE

Présidé par le climatologue Jean Jouzel, et sous le haut-patronage de la Ministre Ségolène Royal, ambassadrice pour les Pôles, le 9e Prix Carmignac du photojournalisme, consacré à l’Arctique, a été décerné à Yuri Kozyrev et Kadir van Lohuizen (NOOR).

À travers leur investigation photographique inédite « Arctique : Nouvelle frontière », Yuri Kozyrev et Kadir van Lohuizen ont exploré, sur plus de 15 000 kilomètres, les effets du changement climatique sur ce territoire ainsi que leurs conséquences pour le reste de la planète.

Pour la toute première fois, deux photojournalistes ont couvert simultanément, l’un par la route des ports russes, et l’autre par le passage du Nord-Ouest, les mutations irréversibles que subit l’Arctique pour témoigner des effets de la fonte des glaces et du dégel du permafrost.

 « Les photos de Yuri Kozyrev et de Kadir van Lohuizen […] nous font découvrir l’Arctique d’aujourd’hui à travers des paysages et une faune qui attirent de plus en plus de touristes, des populations exposés à des climats extrêmes et engagées dans l’exploitation de ressources minières comme le nickel, et de plus en plus dans celle du gaz, du pétrole et du charbon.  Le moins que l’on puisse dire, c’est que la protection de l’environnement ne semble pas au cœur de leurs activités. » – Jean Jouzel, Prix Vetlesen 2012 et co-lauréat du Prix Nobel de la Paix en 2007 en tant que directeur du GIEC

Kadir van Lohuizen a démarré son parcours sur l’île norvégienne de Spitzberg dans l’archipel du Svalbard. Il a suivi le passage du Nord-Ouest, devenue la route la plus courte entre l’Europe et l’Asie avec la fonte des glaces. Au Groenland, il a rencontré les scientifiques qui ont découvert récemment que des rivières gelées poussaient la calotte glaciaire de 15 cm par jour vers l’océan, contribuant directement à la montée des eaux sur la planète. Au sud de l’île de Cornwallis, au large du Canada, il a vécu dans la petite communauté de Resolute, qui accueille depuis peu un centre d’entraînement des armées canadiennes en raison de l’ouverture croissante de l’Arctique. Puis Kadir van Lohuizen s’est rendu à Kivalina, village autochtone de la pointe nord de l’Alaska, qui, selon les prévisions actuelles, disparaitra sous les eaux d’ici 2025.

Tourisme, militarisation, exploitation des ressources gazières et minérales, et ouverture de routes commerciales, l’Arctique est aujourd’hui le terrain d’affrontements entre pays et multinationales pour la conquête chaotique de ces zones stratégiques qui resurgissent dans l’histoire des hommes par l’effet du réchauffement de la planète. Les images d’ « Arctique : Nouvelle frontière » de Yuri Kozyrev et Kadir van Lohuizen constituent un témoignage alarmant sur la rapidité de la transformation de la région et les bouleversements induits à l’échelle planétaire.

Crédits photos : Kadir Van Lohuizen / NOOR pour la Fondation Carmignac

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