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PEBREL Julien

Julien Pebrel  est membre de l’Agence Myop ; Il en a assuré la co-direction entre 2016 et 2019. Son travail documentaire s’intéresse à la façon dont le banal, la quotidienneté, se déroule dans des territoires marqués par une Histoire ou un contexte difficile. Il a ainsi travaillé à Sulina, le kilomètre 0 du Danube, ancienne cité cosmopolite fastueuse tombée dans l’oubli ; à Lichk en Arménie un village abandonné par ses hommes partis travailler en Russie, en Abkhazie territoire du Caucase de tout temps fantasmé et convoité, dans le Haut-Karabagh pour suivre sa quête d’indépendance, dans un orphelinat au Togo où des enfants au passé douloureux tentent de se reconstruire. Aujourd’hui il partage son temps entre Paris et Tbilissi où il travaille depuis 2017 à un projet sur la Géorgie et les enjeux auxquels elle fait face, coincée entre son passé mythologique, son histoire récente soviétique et le futur qu’elle est en train de s’inventer. Un travail, construit par briques, mêlant une approche documentaire et son histoire intime avec ce pays.

 

L’Abkhasie

Située au nord-ouest du pays, au pied du Grand Caucase, L’Abkhazie est un territoire au statut incertain. Officiellement partie de la Géorgie elle a fait sécession par les armes en 1992 et aujourd’hui, dans les faits, elle est un territoire indépendant, sous appui de la Russie qui la reconnait depuis 2008 et sans qui elle ne pourrait vivre.

Palmiers, végétation luxuriante, plages de galets, sanatoriums, montagnes qui s’abiment dans la mer : les paysages sont grandioses. Les Abkhazes aiment raconter qu’ils sont arrivés en retard au banquet pendant lequel Dieu distribuait les territoires aux peuples de la Terre. Touché par l’excuse des Abkhazes qui étaient en fait occupés à prendre soin d’un invité, il décide de leur donner le dernier territoire disponible, celui qu’il gardait pour lui, le plus beau, l’Abkhazie. 

Aujourd’hui du passé prestigieux du pays on ne devine que les fantômes, dans les ruines et les bâtiments défraichis et le pays survit avec ses atouts de toujours, sa nature qui lui fournit des oranges, mandarines, clémentines à ne plus savoir qu’en faire (en l’occurrence les exporter vers la Russie) et sa beauté qui attire les touristes, même si ce ne sont plus vraiment les mêmes qu’au début du 20ème siècle. On ne trouve plus de Comtes dans les sanatoriums de Gagra, plutôt des touristes russes pas franchement aisés qui viennent y faire du jet ski parce que c’est « moins cher qu’à Sotchi ».

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