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Jean Christophe Plat

 » Photographe, auteur, voyageur, éditeur, distributeur , une panoplie de casquettes qui constitue ma garde-robe. Je les revêts selon les circonstances afin de poursuivre cette quête photographique à la rencontre du monde. Après de longues années de transhumance vers le continent africain, terre d’éveil de nombreuses histoires photographiques…les frontières de cet univers se disloquent, disparaissent pour une quête humaine plus vaste. Restant fidèle à cet esprit nomade qui sommeille en moi, je m’engage dans des reportages au long cours parcourant le monde en quête d’autres cultures, d’autres visages.

Un travail privilégiant la couleur, mais aussi le moyen format usant de films noir et blanc. La naissance d’un beau livre « Peuples Nomades » (octobre 2013) immortalise cette approche pleine d’empathie donnant une couleur particulière à ce travail. Les peuples premiers, terrain photographique de prédilection, suscitent un intérêt particulier. Aux univers d’une grande rudesse, parfois je me confronte, pour m’immerger dans le quotidien de chacun et comprendre cette synergie invisible avec la nature. Au delà de ces voyages photographiques, une volonté de témoigner, de partager ces existences aux lisières de l’humanité, dissimulant l’essence même de nos civilisations… Avec l’espoir d’interroger, de cultiver devant cette différence un regard tolérant et de protéger ainsi ces peuples minoritaires réduits à une véritable peau de chagrin.

Enfin d’une signature monochrome, « TZIGANES, L’âme voyageuse » publié en septembre 2016 révèle l’histoire de la communauté tzigane, un peuple en souffrance, et retrace leur migration millénaire depuis l’Inde, traversant les Balkans jusqu’à la France.. « 

JEAN CHRISTOPHE PLAT

La peur dans l’âme

(Les Badjos d’Indonésie)

Échoués sur des milliers de kilomètres, les Badjos sont les derniers témoins des vagues de migrations millénaires venant de l’Asie septentrionale. Aux origines mystérieuses, des hypothèses sont avancées par les ethnologues sur l’existence d’un gigantesque tsunami datant de plus de 1 000 ans. La dispersion de ce peuple aux origines terriennes fut irréversible. Le mystère reste entier, entretenu par une culture qui interdit aux Badjos d’Indonésie de raconter leur origine ; seul le chamane détient ce pouvoir. Surnommé «les gitans de la mer», le peuple Badjo conserve un domaine physique exclusivement marin. La coutume ancrée dans la vie de ce peuple de la mer, la peur dans l’âme, s’effiloche dans une sédentarisation massive plaçant le peuple Badjo au rang des citoyens indonésiens. Malgré leur isolement, la mondialisation atteint ces bouts de mer… La pression de commerçants peu scrupuleux entraîne la diminution des ressources halieutiques et corrompt ce peuple de la mer déstructurant tout un pan de leur société…

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