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Le Legs de Maurice et Emile

Maurice et Émile étaient Terre-neuvas. Ils ont consacré leur vie à la pêche sur les bancs de Terre-neuve. Dès 1946, la photographie évolue et se démocratise. Maurice achète un appareil photographique. Mécanicien, son temps de travail est différent . Dès qu’il le peut, il photographie ses camarades, le quotidien et les nuances que proposent le ciel et la mer. L’appareil photographique passe aux mains d’Émile qui à son tour, cadre, et fige les scènes de la pêche. À la fin de sa vie, célibataire et sans enfant, il a légué à son ami Emile Jenouvrier, ses photographies. Ces images témoignent de sa vie de Terre-neuvas, et au travers d’elles, c’est l’histoire de tout ces pêcheurs d’exception qui se dessine. Cet héritage est important, et en confiant ses photographies personnelles, il confie à Emile la responsabilité de les diffuser pour raconter et faire vivre le quotidien des Terre-Neuvas. 

En 2019, j’ai rencontré Emile. Sa barbe blanche, le sel de ses yeux, son aventure et celle de Maurice m’ont instantanément plongée dans une mémoire commune. C’est en toute confiance qu’il m’a remis ce fond photographique. Malgré les difficultés techniques rencontrées, je n’ai pas eu envie que leurs photographies s’oublient. Elles témoignent d’hommes simples et pourtant exceptionnels. Ils sont nous. (Nadine Belin)

Emile raconte :

« Radiotélégraphiste de formation, suite à un mauvais diagnostic médical qui me rendait inapte au vol, j’ai quitté l’armée de l’air…et ma passion. Quel type de navigation choisir ? Commerce ? Pétrole ? Grande pêche ?.. Les Terre-neuvas…dont l’histoire avait bercé ma jeunesse. Il y en avait beaucoup dans mon village près de Saint-Malo. Banco ! Un voyage pour voir ! S’en sont suivi 32 campagnes durant lesquelles je les ai vus vivre, travailler, souffrir du froid et des conditions météo extrêmes. J’ai été témoin pendant toutes ces années de leur isolement moral puisque je recevais et émettait les messages qui leurs étaient destinés. Assermentés, je savais leurs peines mais aussi leurs joies familiales et affectives. J’en ai gardé un profond respect. Que nos photos, celles de mes amis Maurice, Jean-Pierre et les miennes vous aident à imaginer cette grande aventure humaine. »

Marins sur les bancs de Terre-Neuve

Notre monde change et notre société évolue les derniers terre-neuvas s’éteignent et emportent avec eux leur histoire. Les photographies de Maurice en sont une trace. Elles rejoignent notre mémoire collective et sont l’héritage qu’il nous lègue à tous. Ensemble nous pouvons conserver ce souvenir afin qu’il ne tombe dans l’oubli. Valoriser ce patrimoine participe au tissage de notre identité et de notre histoire.

Les conditions de travail difficiles et les dangers de la mer nourrissent notre imaginaire de la grande pêche sur les bancs de terre-neuve. Que trouvaient ces hommes qui embarquaient campagne après campagne ? Camaraderie, solidarité aventure ? L’essor industriel, après la deuxième guerre mondiale, a modifié les techniques de pêche à la morue. Les terre-neuvas sont passés des bateaux à voile ou à vapeur aux bateaux-usines. Dans les années soixante, une mécanisation de la préparation du poisson en cale permet de le conditionner et de le congeler.

Dès 1946, la photographie évolue et se démocratise. Maurice achète un appareil photo, mécanicien à bord, son temps de travail est différent des pêcheurs. Dès qu’il le peut, il photographie ses camarades, le quotidien, et les nuances que proposent le ciel et l’océan.

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